Volume 4, numéro 2
Peut-être une pause ? Certainement de la distance et des regards mesurés.
Les travaux proposés par le présent numéro de Distances et savoirs
témoignent de réflexions étayées par l’expérience et par des effets avérés
de la vie que mènent en commun la formation à distance et les technologies
électroniques pour l’information et la communication (TIC). Le développement
technique rapide des TIC et leur accessibilité de plus en plus aisée ont
fait naître le sentiment d’une innovation continue, pratiquement sans
retenue, que l’on voit ici confrontée à la réalité des pratiques, à la
sagesse des lendemains d’expérience.
Tout simplement, l’innovation ne recouvrerait-elle pas son véritable
sens, et n’assiste-t-on pas à l’aboutissement de certaines étapes du
processus innovant, telles que Schumpeter les envisage, décelables et
analysées dans les travaux de recherche de ce numéro, alors que sourdent de
nouvelles entreprises, encore empreintes des espoirs des indispensables
pionniers ? Au premier temps de l’innovation, alors que ceux-ci prennent le
risque des initiatives expérimentales, les travaux de recherche constatent
l’émergence des TIC, et s’interrogent sur les évolutions à venir ; puis le
second temps voit les routines bouleversées, des tentatives de
généralisation de propos et de pratiques à base de TIC se manifester avec
parfois de farouches volontés propriétaires, exprimées par des vocables pour
lesquels chacun défend une signification pas toujours partagée.
Plusieurs contributions témoignent des tensions résultant de
l’introduction et de l’application des TIC, entre présents instables et
futurs moins certains que prévu. Les temps individuels aussi se confrontent
aux impératifs des usages des TIC dans les environnements informatiques de
formation, et l’on constate parfois « l’entrée dans une société de
l’information et de la connaissance, mais également dans une société de la
rapidité, de l’impatience et de l’individualisme ».
Toutes ces interrogations marquent une étape dans un processus : la
manipulation même des TIC ne semble plus l’enjeu central, les conditions de
leur développement et de leur appropriation sont de mieux en mieux étudiées,
appréhendées, y compris les nécessaires perturbations associées. Est-il
temps de définir ces nouvelles règles du jeu ? Pour Distances et savoirs,
c’est certainement le temps des échanges entre expériences, cultures et
contextes de recherche des auteurs venant de multiples horizons, réunis pour
l’occasion dans ce numéro.
Sommaire
Éditorial - M. Vidal, M. Grandbastien, P. Mœglin
Articles
Eight paradoxes in the implementation process of e-learning in higher
education, S. Guri-Rosenblit
Apprendre, construire des instruments et se construire. Exploration des
effets de l’usage des TIC sur la dynamique identitaire d’adultes en
formation, B. Charlier, J. Nizet, D. Van Dam
L’organisation de l’activité d’étude en e-formation. La difficile
synchronisation des acteurs, G.Dieumegard, P. Clouaire, S.Leblanc
Un nouveau domaine des sciences info-com : la formation à distance, A.
Mucchielli
Entretien
Jacques Audran, Ethnologie et conception de sites web scolaires
Lectures et discussions
Les multiples visages de l’accompagnement à distance, M.-N. Lamy
« La FOAD au carrefour des chemins », un échange épistolaire, F. Haeuw, L. Belhamici Bibliographie-webographie, F. Haeuw, L. Belhamici |