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Distances et savoirs : savoir faire vivre les théories

Ce nouveau numéro de Distances et Savoirs publie en exclusivité la transcription d’un échange exceptionnel en octobre 2006, entre Børje Holmberg, Michael G. Moore et Otto Peters, sur le thème « de la nécessité des théories, de leur bon usage et de leur inévitable disparité ».
Ces trois débatteurs sont des pionniers de la formation à distance, à la fois praticiens et théoriciens. D’autant plus précieuse est l’initiative du réseau European Distance and E-learning Network (Eden) qui les a invités, en octobre 2006, en Espagne, à se livrer à un dialogue passionnant, où chacun révèle un peu de sa personnalité, par exemple en évoquant les conditions qui l’ont conduit à s’intéresser à la formation à distance et à s’y spécialiser. C’est un grand apport de ce dialogue d’y faire découvrir le regard rétrospectif que chacun des trois experts porte sur sa propre théorie, sur l’usage qui en a été fait par les experts et sur les théories concurrentes que, de leur côté, ses compagnons ont produites en parallèle.
De la nécessité des théories, de leur bon usage et de leur inévitable disparité : tel est, en effet, le sujet qui, rétrospectivement, donne son unité à ce débat et, par-delà, au numéro tout entier, tirant un fil rouge de l’un à l’autre de ses articles. Mais de quoi, plus précisément, est-il question dans le dialogue entre ces trois monstres sacrés ? De l’importance accordée par chacun d’eux à l’élaboration théorique, de la difficulté de cette élaboration et de la validité de celle dont il est l’auteur. Parlant des « trois âges de la généalogie d’un concept », Gilles Deleuze et Felix Guattari (1991, p. 17) en évoquent la production, la vulgarisation et la commercialisation. Or, ce sont bien ces trois âges dont en quelques pages, nous parcourons la succession, depuis les années 1950-60 jusqu’à aujourd’hui, pour la théorie de la conversation empathique entre enseignant et apprenant de Børje Holmberg, pour le paradigme industriel d’Otto Peters et pour la théorie de la distance transactionnelle de Michael Graham Moore.
La fonction d’une théorie est aussi d’aider des praticiens à donner une signification à leur pratique et à en élargir la portée. Il en va, à cet égard, de la formation à distance comme de toute autre activité. Sans les travaux fondateurs d’Holmberg, Moore, Peters et quelques autres, les dispositifs d’enseignement à distance se seraient sans doute développés, dans leurs pays d’origine et plus largement, mais sans jamais affecter en profondeur les pratiques éducatives. Mais encore faut-il au praticien, sinon appliquer les théories qui sont à sa disposition ou qu’il forge à son intention, du moins en interroger les dimensions anthropologiques, culturelles, économiques, politiques et sociales. Voilà ce à quoi, avec succès, s’emploient les autres contributeurs - A. Jézégou, F. Thibault, B. Denis et E. Vandeput, A. Bal - de ce numéro qui propose également une lecture du dernier ouvrage de Bernard Miège par A. Chaptal.
Distances et savoirs, volume 5, n°3.

Distances et savoirs est une revue scientifique trimestrielle sur l’enseignement à distance coéditée par le Cned et les éditions Hermès-Lavoisier.

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