Entretien avec Marc-Antoine JAMET, président du Conseil d'administration du CNED

CNED

20/05/2021

Marc-Antoine Jamet, secrétaire général du Groupe LVMH, est Président du Conseil d'administration de l'établissement depuis le 26 octobre 2012.

Une histoire dense

L’établissement s’est sans cesse inventé et réinventé au fil des années, quelle évolution l’attend désormais ?

Il doit d’abord et avant tout rester fidèle à ses racines. L’école est le creuset de la République, la condition de l’égalité des chances et la fabrique de la justice sociale.

Pour remplir cette mission, qui est celle de l’intérêt général et du service public, le CNED a un rôle indispensable. Il apporte la culture et la compétence à ceux qui les demandent, mais habitent trop loin de là où elles sont enseignées. Il donne une autre chance, en leur proposant un outil de formation, à ceux qui déjà travaillent et veulent voir leur existence évoluer. Il apporte la France, sa langue, sa civilisation, sa vision à ceux qui, dans le monde entier, ont besoin de cet espace, de cette voix qui est celle de la fraternité et des libertés.

Trop souvent pensé comme une solution de repli ou par défaut, l’enseignement à distance est aujourd’hui reconnu comme une modalité d’apprentissage à part entière. Les dispositifs en hybridation que nous avions développés, désormais modélisant, démultiplient le champ des possibles pour les établissements d’enseignement en présence. Le CNED est désormais considéré comme un instrument de complémentarité et non de compensation ou de substitution.

Cette nouvelle orientation m’amène à considérer que le CNED sera de plus en plus essentiel dans la scolarisation et l’évaluation des élèves. C’est pourquoi, la portée de notre contribution aux politiques éducatives doit être clarifiée et renforcée. Nous devons, ensemble, devenir une véritable Académie numérique. C’est la mesure phare de l’axe 1* du contrat d’objectifs et de performance signé avec les ministres de tutelle le 4 avril 2019. Nous n’en sommes qu’au début de cette réécriture de notre statut, mais, déjà, la symbolique de ce repositionnement est extrêmement forte au sein
du système éducatif. Je veux qu’elle aboutisse.

La formation, un monde professionnel en mutation

Quelle est votre vision ?

La formation professionnelle répond à un double enjeu : sociétal d’une part, en permettant aux demandeurs d’emploi et aux non-diplômés de se former, aux salariés d’acquérir des compétences et de préserver, voire de développer leur employabilité tout au long de la vie, économique d’autre part, en offrant aux entreprises la possibilité d’embaucher des personnels qualifiés auxquels il sera proposé d’évoluer pour, demain, mieux répondre aux réalités de l’économie et du monde du travail.

La loi qui la réforme, promulguée le 6 septembre 2018, donne une nouvelle dimension à la formation professionnelle. Ses responsables vont voir leur métier se transformer. Ils devront raisonner par rapport aux besoins de l’entreprise pour proposer à ses salariés des formations adaptées, cohérentes avec une stratégie industrielle. Pour cela, ils pourront s’appuyer sur le CNED, son expérience auprès de 70 000 adultes qui bénéficient, chaque année, de la flexibilité (et de la solidité !) de ses formations en ligne, de son expertise en BtoC. Là encore, nous avons toute légitimité pour devenir un acteur majeur en nous mobilisant autour des politiques publiques de l’emploi.

*Axe 1 : renforcer la contribution du CNED à l’action du ministère de l’éducation nationale et de la jeunesse sur l’ensemble de ses politiques éducatives et notamment de sa politique numérique.

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