Le BTS Diététique au Québec : le défi d’Anne-Sophie pour aller au bout de ses ambitions
Équipe éditoriale Cned
14/10/2026
À 45 ans, Anne-Sophie Starck vient d’obtenir son BTS Diététique avec le Cned, depuis le Québec.
Infirmière puéricultrice et déjà titulaire d’un diplôme universitaire en nutrition et maladies métaboliques obtenu avec le Cned, elle a choisi de reprendre les bases de la nutrition pour enrichir sa pratique professionnelle. Entre organisation familiale, études à distance et stages à réaliser en France, son parcours est celui d’une reconversion sans renoncer à son premier métier, mais aussi d’un défi personnel qu’elle entend relever jusqu’au bout.
Une relation de longue date avec le Cned
Anne-Sophie connaît le Cned depuis plusieurs années. Avant même de commencer son BTS, elle avait déjà pu constater le fonctionnement de l’enseignement à distance à travers la scolarité de son fils, qui a suivi une partie de son parcours avec le Cned, notamment pendant la période du Covid. Cette première expérience, qu’elle juge très positive, a naturellement contribué à son choix lorsqu’elle a décidé de préparer à son tour un BTS Diététique avec le Cned.
Pour Anne-Sophie, ce BTS ne correspond pas à un changement radical de métier. Infirmière puéricultrice au Québec, elle souhaite avant tout compléter ses compétences en nutrition. Elle avait déjà obtenu un diplôme universitaire en nutrition et maladies métaboliques et voyait le BTS comme une manière de consolider ses connaissances.
Je me suis dit, il me manque un petit truc pour que je sois vraiment, vraiment au clair avec tout ça. Et je trouvais que reprendre la base avec le BTS, c’était une bonne option.
Elle n’envisage d’ailleurs pas de devenir diététicienne à plein temps. Son ambition est plutôt de construire une pratique professionnelle à la croisée de ses différentes compétences.
À 45 ans, la question de sa capacité à reprendre des études s’est pourtant posée. Elle a demandé l’avis de son mari et de sa mère : serait-elle capable de mener à bien deux années de formation ? À cela s’ajoutaient les questions de financement, d’organisation et, surtout, de mobilité puisque les stages devaient être réalisés en France.
Une organisation millimétrée pour étudier à distance
Être maman de deux enfants et suivre une formation exigeante à distance impose une organisation rigoureuse. Anne-Sophie s’est appuyée sur les outils et les méthodes proposés par le Cned pour structurer son travail.
Quand on est seul et à distance, il faut être organisé
, souligne-t-elle.
Son quotidien était organisé en fonction de ses points forts et de ses difficultés. Grâce à son expérience d’infirmière, certaines matières, comme la physiologie ou les pathologies, lui étaient plus familières. La biochimie, en revanche, représentait un véritable défi.
Je sors d’un bac littéraire et, comment vous dire, la biochimie, ça a été tout nouveau pour moi.
Pour progresser, elle a multiplié les méthodes : exercices, fiches, flashcards, applications et répétition. Avec une préférence assumée pour le papier et les supports concrets.
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En savoir plus Ouvrir dans un nouvel ongletApprendre à apprendre
Au-delà des connaissances acquises, Anne-Sophie considère que le BTS lui a également appris à mieux apprendre. Elle a particulièrement apprécié les quiz, les classes virtuelles et la diversité des outils pédagogiques proposés par le Cned. Des ressources qui, selon elle, prennent une importance particulière dans une formation à distance où l’étudiant doit être capable de travailler de manière autonome.
Je trouve les quiz de fin de matière vraiment performants et ils aident à se remémorer tout ce qu’on a vu au cours des leçons.
Elle insiste aussi sur l’importance des exercices et des synthèses proposés tout au long de la formation. Les cours sont, selon elle, précis et assez intenses
, ce qui demande de prendre le temps de résumer, de pratiquer et de s’approprier les notions.
La régularité, principal défi de la formation
Si l’organisation est indispensable, Anne-Sophie reconnaît que la principale difficulté reste la régularité. Les plans établis en début d’année ne résistent pas toujours aux imprévus du quotidien.
À la rentrée, on a tous les papiers, on a plein d’objectifs incroyables, tout est réglé comme du papier à musique. Mais dans la réalité, il y a des choses qui arrivent.
Le risque est alors de laisser s’installer progressivement du retard. Pour le surmonter, elle a dû régulièrement revenir à ses objectifs initiaux et retrouver son rythme de travail.
Elle a également trouvé du soutien auprès d’autres étudiants. Dès la première année, elle a créé un groupe WhatsApp avec des élèves du Cned, groupe qui s’est poursuivi en deuxième année.
Pour elle, ce collectif a été essentiel pour ne pas se sentir seule, partager les interrogations et échanger sur les difficultés rencontrées.
Des stages à organiser… parfois à des milliers de kilomètres
La situation géographique d’Anne-Sophie a ajouté une difficulté importante à son parcours : elle vit au Québec alors que ses stages devaient être effectués en France.
Elle a donc dû concentrer ses périodes de stage afin d’éviter de multiplier les allers-retours entre les deux pays. Pour y parvenir, elle s’est appuyée sur son réseau professionnel, mais aussi sur sa capacité à chercher elle-même les opportunités.
Je me suis vraiment battue pour les avoir. J’ai été sur LinkedIn, je suis allé voir qui il fallait appeler. J’ai essayé par tous les moyens et j’ai eu mes stages.
Elle a notamment réalisé un stage en restauration collective dans une unité de production centrale produisant environ 9 000 repas par jour. Une expérience qui l’a particulièrement enthousiasmée et qui lui a ensuite permis de trouver une structure d’accueil pour son stage thérapeutique. Pour un autre stage, elle a déniché une opportunité grâce aux réseaux sociaux, après avoir découvert le témoignage d’une diététicienne dans un podcast.
Son parcours de stage s’est donc construit au fil des rencontres, du réseau et de la persévérance.
Six mois en France pour réussir à tout concilier
Pour réaliser ses stages et préparer les épreuves, Anne-Sophie a dû organiser un véritable déplacement familial. Elle est venue en France pendant plusieurs mois, tandis que son mari et ses enfants l’ont rejointe une partie du temps.
C’est vrai que ce n’était pas facile
, reconnaît-elle.
L’investissement a été important, sur le plan mental, physique et émotionnel. Pourtant, malgré les contraintes, elle ne regrette pas son choix.
Car au-delà du diplôme, le BTS doit lui permettre de développer son projet professionnel au Québec : devenir infirmière praticienne de première ligne, avec une spécialisation en diabétologie.
Une double compétence au service des patients
La nutrition occupe une place centrale dans le projet d’Anne-Sophie. Son objectif est de pouvoir mobiliser les connaissances acquises dans sa future pratique infirmière, notamment auprès de patients confrontés à des problématiques liées au diabète, à l’endocrinologie et à la nutrition.
Je ne serai peut-être jamais réellement diététicienne, mais j’aurai les compétences et je pourrai expliquer des choses aux patients sans m’appuyer sur un autre professionnel. C’est ce que je voulais.
Pour elle, le BTS constitue donc une véritable continuité de son parcours. Elle aime son métier d’infirmière, mais apprécie également la dimension nutritionnelle et les consultations diététiques. Et cette complémentarité prend d’autant plus de sens qu’elle constate à quel point les connaissances en nutrition ont évolué au cours des dernières décennies.
Un nouveau référentiel, un regret… mais pas question d’abandonner
Pendant sa formation, un nouveau référentiel du BTS Diététique est entré en vigueur. Anne-Sophie a alors dû choisir entre reprendre une première année ou poursuivre avec le référentiel avec lequel elle avait commencé.
La perspective de devoir recommencer, notamment au risque de perdre les stages déjà obtenus, l’a finalement convaincue de poursuivre son parcours en deux ans.
Elle regrette néanmoins de ne pas pouvoir bénéficier de certains éléments du nouveau référentiel, notamment l’éducation thérapeutique du patient.
Mais son choix était fait : aller jusqu’au bout avec la formation commencée.
Son conseil, ne jamais abandonner
Lors d’une épreuve de cuisine, Anne-Sophie a rencontré une autre candidate venue de Nouvelle-Calédonie. Cette rencontre lui a fait prendre conscience des efforts que certains étudiants doivent consentir pour passer leur diplôme.
Elle en a tiré une leçon qui résume finalement son propre parcours : Quand vous avez le doute et que vous dites : mais pourquoi je fais ça ? Pensez déjà à tout le parcours que vous avez fait pour en arriver là. Et puis, n’abandonnez pas, n’abandonnez jamais.
Après deux années de travail, de déplacements et d’organisation, Anne-Sophie arrive est arrivée au terme de son BTS avec le sentiment d’avoir mis toutes les chances de son côté.
Son mémoire, sur lequel elle travaille depuis la première année, a fait l’objet d’une préparation particulièrement rigoureuse. Les épreuves écrites passées, elle attend désormais les résultats avec l’espoir de voir aboutir ces deux années d’investissement.
Une nouvelle étape, dans la continuité de son parcours
Après le BTS, Anne-Sophie souhaite poursuivre ses études pour devenir infirmière praticienne de première ligne et se spécialiser en diabétologie. Son ambition est de réunir ses différentes compétences dans une même pratique professionnelle.
J’aimerais faire un job un peu mixte qui pourrait me permettre d’utiliser toutes mes compétences.
À ses yeux, les connaissances acquises en diététique constitueront un véritable atout dans sa carrière : la nutrition étant intimement liée à la santé et au bien-être, elles pourront nourrir sa pratique auprès des patients.
À 45 ans, elle ne considère donc pas son BTS comme une parenthèse, mais comme une nouvelle étape d’un parcours professionnel déjà riche. Et si elle devait résumer son expérience, elle le ferait peut-être avec ces quelques mots : À tout âge, on peut apprendre.
Car derrière ce BTS Diététique, il y a surtout une volonté : celle de ne pas renoncer, de continuer à se former et d’aller jusqu’au bout d’un défi que, des années plus tôt, elle n’avait pas pu relever.
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