Du conservatoire aux sommets pyrénéens : le virage à 180° du Dr Laura Caspailler

Équipe éditoriale Cned

28/08/2026

Passer des planches de théâtre aux consultations médicales : un pari fou ? C’est pourtant le défi relevé avec brio par Laura Caspailler.

À 35 ans, cette ancienne comédienne au bagage purement littéraire termine aujourd'hui son internat de médecine générale. Un changement de cap radical qu'elle a amorcé en 2017 grâce à une remise à niveau scientifique avec le Cned. 

Le déclic : quand le soin s'impose comme une évidence

Rien ne prédestinait Laura à la médecine. Titulaire d’un bac littéraire, elle se forme au conservatoire et à la faculté de théâtre pour suivre une carrière de comédienne à Paris. Mais sa trajectoire bascule lors d’un hiver en Ariège :

J’ai décidé de monter un atelier d’écriture auprès de résidents d’un EHPAD. Le déclic s’est passé à ce moment-là. Parallèlement, j'ai rejoint des équipes de secouristes bénévoles à Paris. Je me suis rendu compte que j'avais du self-control, que je n'avais pas peur du sang et que j'avais envie de prendre plus de place dans le soin.

À 25 ans, elle fait un choix audacieux : tenter la faculté de médecine. Face aux statistiques décourageantes pour les profils littéraires, Laura comprend qu’elle doit acquérir les mêmes bases scientifiques que les bacheliers de la voie scientifique. Pour réussir, elle choisit de faire confiance au Cned pour revoir l'intégralité des programmes de Première et Terminale S en mathématiques, physique-chimie et SVT.

Une remise à niveau au bout du monde : cap sur Taïwan

Pour Laura, cette année de transition est aussi l’occasion de s’offrir une parenthèse géographique avant de longues études. Elle s'envole pour Taïwan avec ses livrets du Cned dans ses bagages.

La distance impose une organisation militaire. Le matin, Laura s’installe dans un salon de thé de Taipei pour étudier, avant de travailler en fin de journée dans un magasin de vin pour financer son quotidien. C'est dans ce café qu'est née sa plus belle anecdote : Momo, une petite fille taïwanaise de 6 ans, intriguée par cette occidentale, venait régulièrement feuilleter ses livrets du Cned remplis de formules scientifiques. 

 

Quelle que soit la finalité, le parcours est joli.

Pour surmonter l’isolement et ses lacunes initiales, elle fait preuve d'une discipline de fer :

  • Une séparation stricte des temps : « Quand on est au travail, on est au travail ; quand on est en pause, on la vit pleinement. »
  • La To-Do List : planifier chaque exercice et chaque chapitre pour s'autovaloriser à chaque case cochée.
  • L'hybridation des ressources : utiliser les cours du Cned comme socle central, tout en complétant ses blocages par des chaînes YouTube spécialisées (comme celle d'Yvan Monka en mathématiques).

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Le bagage littéraire : un atout insoupçonné en médecine

Contre toute attente, son passé d'artiste s'est révélé être une force majeure pour décrocher sa première année de médecine (Paces) du premier coup, sans aucune prépa privée.

À 26 ans, je connaissais parfaitement ma mémoire et ma méthodologie d’apprentissage. Le soir, je réapprenais mes cours de médecine en les répétant à l'oral, en y mettant les formes. Je n'aurais pas pu réussir à 18 ans sans cette maturité.

Aujourd'hui, cette formation artistique l'aide au quotidien dans sa pratique de médecin généraliste : pour la prise de parole en public lors des congrès, pour l'écoute, mais aussi pour oser aborder et toucher le corps des patients sans appréhension.

Devenir le médecin de famille d’une vallée

Aujourd'hui, le Dr Laura Caspailler touche au but. Thésée et en dernière année d'internat, elle réalise son rêve : s'installer au cœur des montagnes pyrénéennes pour devenir médecin de famille.

Pour elle, la médecine générale est la spécialité la plus complexe et la plus gratifiante. Elle savoure cette gymnastique cérébrale unique qui consiste à refermer la porte derrière une personne âgée en perte d'autonomie pour accueillir, la minute suivante, une femme enceinte ou un enfant de 12 ans.

Son conseil pour ceux qui n'osent pas sauter le pas de la reconversion ? La légitimité. « Tout le monde va vous dire que c’est impossible. Sentez-vous légitime, ne vous comparez pas et donnez-vous les moyens. »

Vous souhaitez suivre le quotidien d'une femme médecin au grand air et découvrir ses partages d'expérience ? Retrouvez Laura sur son compte Instagram

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